EuRoman

‘Expats love Belgium: they chose it!

Il y a deux ans, une manifestation pour l’unité de la Belgique a réuni francophones et flamands, notamment au Parc du Cinquantenaire. Je regrette encore de ne pas y avoir déployé la banderole que j’avais imaginé sur ce slogan. Par expatriés, j’entends surtout les européens, présents pour le long terme, et non seulement les diplomates ou cadres de multinationales qui viennent pour quelques années.

Au moins, j’ai accroché a mon balcon un drapeau belge (et plus exactement sa version où la couleur centrale est remplacée par un coeur). Il faudrait que je le ressorte prochainement… Depuis, Belga Vox a été une bonne initiative et j’espère qu’il y en aura d’autres.

Ecoles: intégration et Europe

Il y a des réflexions et des actions sur le rapprochement des belges et des expatriés. Le sociologue belge Van Parijs a une vision claire de ce qu’il faudrait faire, à commencer par les écoles. Il y a une demande très forte pour les écoles européennes, alors que les écoles belges n’arrivent pas à dépasser la barrière linguistiques (ce sont des francophones qui enseignent le flamand et vice versa! sans parler du niveau faible en anglais…). Donc pourquoi ne pas européaniser certaines écoles belges, et former ainsi les professionnels dont la capitale de l’Europe a besoin?

Quelle est ma crédibilité pour dire tout cela? A priori, je ne suis pas un très bon exemple: français et francophone, donc partial? Mais je viens de la Flandre française, ma culture familiale est plus proche de Kortrijk que de Liège, et j’ai autant d’amis flamands que wallons. J’encourage mes enfants à apprendre le néerlandais, bien qu’ils soient déjà bi-nationaux, et plutôt dans les milieux européens. Enfin, j’ai déjà recommendé dans la presse spécialisée d’avoir des écoles trilingues à Bruxelles: English, français, nederlands.

Vote: intégration et stabilisation

Concernant la politique à moyen terme, plusieurs au sein du Forum Bruxellois de la société civile prônent le droit de vote pour les européens aux élections régionales. C’est possible, et de nombreux politiques belges se prononcent pour, il leur reste à agir…

Même sans aller jusqu’aux élections nationales, ce serait un progrès important. Ceci pour plusieurs raisons:
– les pouvoirs régionaux sont importants (plus que ceux des communes, où les européens peuvent déjà voter) et croissants (contrairement aux pouvoirs nationaux)
– le principe ‘no taxation without representation’ doit s’appliquer (la plupart des résidents européens non belges en Belgique ne sont PAS des eurocrates au statut fiscal privilégié, ils payent leurs impôts normalement)
– la sociologie ethnique change, surtout à Bruxelles. Il serait paradoxal que les allochtones à la culture d’origine éloignée dominent les élections à terme, par l’acquisition (logique) de la nationalité, tandis que les européens qui insufflent la vie économique restent exclus de la politique régionale. Certains indigènes belges obnubilés par leur querelle de clocher linguistique risquent de le regretter un jour…
– et surtout: les européens ont choisi de vivre à Bruxelles et en Belgique. Ils peuvent dépassionner le débat flamand / francophone, avec un regard pragmatique de tiers constructifs. Or, il y a plusieurs grandes institutions qui permettront à la Belgique d’évoluer, et donc de subsister. On cite souvent la bière, la gastronomie et les deux championnes de tennis, certes! Le roi compte aussi. Mais ce qui fera vraiment survivre la Belgique, c’est Bruxelles. Et plus précisément la grande conurbation Bruxelles-Europe.

Certains flamands craignent que les européens ne votent plutôt francophone que flamand? D’abord il faut laisser faire la démocratie. D’autre part, ce n’est pas certain. Personnellement, je lis Brussel Deze Week et Flanders Today. En tant qu’ électeur, je regarde le programme avant la langue. A plus forte raison si j’étais anglais ou hollandais. Enfin – ce n’est pas indispensable – on pourrait autoriser des liste neutres / multilingues (je n’ai pas dit bilingues, pour ne pas retomber à nouveau dans la paritarisme belgo-belge).Enfin, les études montrent que la soit-disant majorité francophone de Bruxelles est un raccourci simplificateur. Le français est la lingua franca dans la rue, dans la plupart des quartiers. Mais la majorité des résidents bruxellois n’ont pas deux parents wallons francophones. Nous sommes tous des minoritaires!

Conclusion: Bruxelles n’est pas un problème mais un modèle possible

Bruxelles est une grande capitale multiculturelle, au coeur du XXIième siécle.
Refléter cette diversité dans les élections régionales et dans l’enseignement serait un grand atout.
Pour elle-même et ses habitants.
Pour l’Europe qui y siège.
Et pour le pays qui l’entoure, qui en dépend.

Christophe Leclercq

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+0Share on LinkedIn0
Author :
Print

Comments

  1. En tant que Président de l’Association des Parents dans une école francophone à immersion néerlandophone, je soutiens fortement le modèle d’école bilingue à Bruxelles. Toutefois, avec la volonté de dépasser les besoins belgo-belges pour préparer nos enfants à l’Europe et au monde, je regrette que l’état n’organise pas des écoles bilingues incluant l’anglais. Aujourd’hui à Bruxelles, les seules écoles anglophone ou semi-anglophone sont des établissements privés réservés à une élite Belge… et aux expats.

    Oui, Bruxelles n’est pas un problème mais un modèle possible. D’ailleurs, nous les bruxellois de naissance nous rendons compte du formidable potentiel de notre ville. Malheureusement, ce qui est un carrefour de richesses culturelles et économiques pour beaucoup d’étrangers, reste trop souvent un enjeu stratégique, un teddy bear que l’on s’arrache entre décideurs politiques de Flandre et de Wallonie.

    Alors parfois je me demande s’il ne serait pas préférable de se battre pour obtenir ce statut de district européen, plutôt que de laisser renforcer cette cogestion de Bruxelles qui réussit a tout le monde… sauf aux bruxellois.

    David Mekkaoui (20AUG10)
    davidmekkaoui.blogactiv.eu

Comments are closed.